L'enjeu énergétique mondial
Notre consommation énergétique mondiale tourne autour de 20 milliards de tonnes équivalent charbon par an. Les ressources fossiles s'épuisent, et l'énergie nucléaire conventionnelle ne suffit pas dans une perspective à long terme. Le cosmos offre une ouverture inattendue : le Soleil sur un plateau d'argent.
Le concept SPS
Les Solar Power Satellites (SPS) sont d'immenses panneaux solaires orbitaux qui capteraient l'énergie lumineuse en permanence — sans alternance jour/nuit, sans nuages — pour la redistribuer sur Terre sous forme de faisceaux micro-ondes ou lasers, convertis ensuite en courant électrique par des antennes réceptrices au sol.
Selon les spécialistes, un réseau de SPS pourrait fournir plus d'un quart de toute l'électricité consommée sur Terre. La puissance captée dans l'espace, sans pertes atmosphériques, est de l'ordre de 1,4 kW/m² en permanence — contre 0,2 kW/m² en moyenne pour un panneau solaire terrestre.
Le rôle clé de la base lunaire
Le lien avec la base lunaire est direct : chaque SPS pèse 50 000 tonnes. Le construire depuis la Terre nécessite des lancements quotidiens de 400 à 500 tonnes de matériaux pendant des mois. Mais depuis la Lune, où la gravité est six fois moindre, on a besoin de vingt fois moins d'énergie pour placer des charges en orbite — une réduction de coût d'au moins 30%.
Des études sur la production lunaire de fibre de verre et de cellules solaires à partir du régolite offrent des résultats encourageants. À terme, plusieurs centrales fournissant quelque 960 000 gigawatts entre 2000 et 2070 dégageraient un profit net estimé à des centaines de milliers de milliards de dollars — transformant la base lunaire en investissement rentable à l'échelle civilisationnelle.
"Un seul Solar Power Satellite en orbite géostationnaire pourrait alimenter une métropole de plusieurs millions d'habitants — construit à partir de matériaux lunaires."